4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 06:09

Un article rédigé par Alain Lefebvre - août 2013


Les vendredi 26 et samedi 27 juillet dernier, avec mon fils Val, je suis allé aux track days organisé par Ayari (voir à http://www.ayaritrackexperience.com/) sur le magnifique circuit de Dijon-Prenois. Nous sommes allés avec ma Porsche Cayman. Le plan initial était de tourner à deux voitures : lui au volant ma Porsche et moi au volant d’une autre Porsche louée à cette occasion (une 911 GT3 RS !).

 

L’organisation de track days est très populaire aux États-Unis, il y a même des constructeurs spécialisés dans ce type de voiture et, progressivement cela commence à se populariser également en Europe (voir à ce sujet un site vraiment bien fait sur le sujet à http://www.super-trackday.com/).

 

Je ne suis pas en train de vous raconter cela pour vous donner envie mais bien pour faire la liaison avec la simulation et la différence qu’il y a entre la réalité vécue à l’occasion de ce meeting et ce que peut nous apporter la simulation dans ce cadre. Car, quelques jours avant d’aller à Dijon, mon fils et moi nous avons roulé en simulation avec GTL sur ce même circuit. Je connaissais déjà bien ce tracé, j’y ai disputé une manche du championnat Arcobaleno (monoplace) en 2001. De plus, j’ai eu l’occasion d’y tourner beaucoup en simulation, principalement avec GTL. J’aime beaucoup ce circuit et la version qui est proposée dans GTL me paraissait très fidèle à mon souvenir.

 

Pour Val en revanche, il s’agissait d’avoir une première expérience du circuit, et ainsi de ne pas être trop surpris quand il découvrirait le tracé pour de vrai. En arrivant sur place, la première chose que nous avons faite, c’est de faire le tour du circuit à pieds (sous le soleil). Lors de mes précédentes expériences de sport automobile j’ai toujours pratiqué ainsi : la reconnaissance du circuit à pieds s’est toujours avérée être très utile. Cette fois encore cela m’a permis d’expliquer "in situ" à Val tout ce que je connaissais de ce tracé magnifique mais également assez impressionnant à cause de ses dénivelés. Ce tour nous a réservé également quelques surprises : les vrais dénivelés justement paraissent beaucoup plus accentués que dans la version GTL. En fait ces impressions visuelles étaient dues à la situation à pied car une fois au volant d’une voiture la vision habituelle, si j’ose dire, était à nouveau à l’ordre du jour.

 

photo-ayari-track-experience-dijon-juillet-2013-308.jpg

 

Finalement la journée de roulage s’est super-bien passée, cela a été une très bonne expérience, autant pour moi qui n’avais pas roulé depuis longtemps, que pour Val dont c’était la première expérience sur circuit en sport auto (alors qu’en simulations il commence à avoir une bonne expérience puisqu’il est mon coéquipier dans nos courses endurance). Val a même roulé beaucoup plus que moi, y compris au volant de la GT3 et il a adoré cette expérience.

 

Lors des tours de piste, on est tellement concentré qu’on n’a pas tellement le temps de penser à la différence entre le mode réel et le mode simulé. C’est plutôt après coup, une fois de retour à la maison, qu’on s’est attaché à vraiment faire la comparaison entre la simulation et ce qu’on se souvenait de l’expérience toute fraîche.

 

Et là Val a voulu aller au-delà de GTL de façon à pouvoir rouler avec les voitures récentes qu’on venait d’utiliser. J’en ai profité pour faire un nouveau test avec Shift/2 afin de vérifier comment ce dernier avait pu évoluer grâce aux mods de la communauté principalement active sur le site nogripracing.com. Shift/2 a évolué de façon intéressante (grâce aux nombreuses mods disponibles, on peut avoir un comportement sain des voitures et des circuits débarrassés de tous les décors superflus…) mais pas encore suffisamment pour devenir une simulation aussi exigeante que GTL par exemple. Cependant, on peut penser que quand PCARS sera terminée, on aura là une simulation de type "loisir" (par opposition à iRacing, par exemple, qui est plutôt de type "compétition") qui sera particulièrement intéressante, Shift/2 étant, en quelque sorte, la préfiguration de ce que PCARS pourrait devenir (en mieux, nous l’espérons tous !).

 

C’est en cherchant l’offre de circuits sur rFactor que je me suis aperçu qu’il n’y avait pas de version de Dijon qui soit vraiment aussi intéressante que celle de GTL. Celle de Shift/2 est particulièrement réussie (surtout une fois qu’on l’a débarrassé de tous les décors inutiles) mais sur cette simulation, ce sont les voitures qui offrent trop d’adhérence. Pareil pour la Porsche Cayman ou la 911 GT3 : il n’y a guère que dans Shift/2 qu’on trouve ces voitures à l’identique.

 

Bref, quel est le verdict ?

 

Quelles sont les différences les plus marquantes entre simulation et réalité ?

 

En fait, il est assez difficile de répondre avec précision à cette question. Et pourtant je dois avouer que j’avais déjà cette idée de chronique derrière la tête en me rendant à Dijon. La grande, l’immense différence ne se situe pas dans les imperfections éventuelles de la simulation mais plutôt dans notre comportement à nous. En effet, cela paraît évident mais c’est important à rappeler : au volant d’une vraie voiture on est vraiment beaucoup plus sage qu’au volant d’une simulation. On attaque moins, on glisse moins, et d’une façon générale les sensations sont déjà très importantes sans même qu’on ait besoin de rouler vraiment vite. Bien évidemment le choix du tracé y fait beaucoup : à Dijon il n’y a vraiment qu’un seul virage lent, tout le reste ce sont des courbes rapides voir même très rapides et impressionnantes comme la dernière à Pouas… Du coup, on ne cherche pas trop à aller à la limite et on ne hausse le rythme que très progressivement. Car, bien sûr, chaque sortie n’est pas anodine et peut même coûter cher !

 

photo-ayari-track-experience-dijon-juillet-2013-206.jpg

 

En revanche, en simulation on ne ressent aucune de ces limites. En conséquence, notre comportement est beaucoup plus débridé. En simulation on est donc souvent proche de la limite alors qu’avec un vrai volant entre les mains, on y est presque jamais (pour ce qui est des pilotes amateurs en tout cas…). Cette seule différence induit toutes les autres. Il est donc particulièrement difficile d’analyser la différence entre le comportement de la vraie voiture et de celle qui est simulée. En revanche, pour ce qui est des circuits, on constate que la fidélité actuelle des simulations permet de s’y retrouver vraiment presque comme en vrai. Les différences à ce niveau sont devenues tellement réduites qu’on peut les considérer comme négligeables. Bien entendu, cela n’est vrai que pour les reproductions très fidèles. Mais la mode actuelle du scan par lasers des tracés fait que ces reproductions très fidèles vont être de plus en plus souvent disponibles.

 

Tout de même, j’ai pu constater un parallèle intéressant : surpiloter coûte, en termes de chrono, aussi cher en vrai qu’en simulation. Pour aller vite, il est toujours nécessaire d’être bien propre, de soigner ses trajectoires, de privilégier la sortie du virage plutôt que l’entrée et tout cela est vrai aussi bien dans le cadre de la simulation que dans la réalité.

 

Pour finir je ne peux que vous recommander d’essayer une de ces réunions : les track days sont une occasion très intéressante de découvrir ce qu’est vraiment le pilotage sur circuit.

 

Photograhpies : Kévin RUEFLIN

 

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commentaires

Denis 04/08/2013 10:00


Merci @Alain pour les explications de vos ressenti.

michel 04/08/2013 09:41


je serais plus radical . rien à voir et quelques soit le support utilisé . mettre une cloison bien étanche entre le roulage sur jeu pc ou consoles et le vrai sur piste  . par
comparaison c'est comme entre une poupée gonflable ( tous les fantasmes )  et une fille ( réelle ! et beaucoup de précautions  )  .

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